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Dire à tous prix/To speak at all costs

Tout est affaire de mimétisme et de mascarade.

Très mauvaise à l’école, je n’ai jamais su absorber des connaissances par l’apprentissage classique. J’avais toujours 0 à mes dictées et je craignais toutes formes d’interrogations, au point que j’ai développée une forme de détachement face à ma médiocrité. Je décidais de ne pas apprendre pour ne pas souffrir de ne pas y parvenir.


Ainsi lorsque je suis partie à l’étranger pour la première fois, le choc fût complet.


Sans mots, sans codes, sans repères ; seulement des corps et des sons.


Lorsqu’il est nécessaire de communiquer, le corps trouve son chemin. Mes oreilles habituées à l’enseignement musical, se sont mises à reproduire des intonations et des mots. Comme un balbutiement de nouveau né, je me suis autorisée à parler avant d’apprendre, comme le font les enfants. Qu’importe les sourcils froncés en face de moi, plus je m’appuyais sur mon assurance et ma détermination à communiquer, plus je progressais sans m’en rendre compte.


Je décidais de communiquer avant que la société, le groupe social ne me dise: tu es légitime à parler.

Et finalement, c’est cela qui me semble primordial: l’intention de communiquer, de faire rencontre. Nous passons énormément de temps à parler du fait de parler. Nous aimerions faire du piano mais nous n’y touchons pas, nous aimerions parler cette langue mais nous nous arrêtons au premier mot.


Aujourd’hui nous nous heurtons à la permission et je pense qu’il nous faut prendre conscience de la vertu du balbutiement. Ce moment de la tentative que nous retrouvons en improvisation. Je ne sais pas ce que je vais dire mais vous allez me regarder essayer et l’improvisation, c’est finalement cela : une mise en scène de la tentative.


Parler une autre langue m’a appris à me reconnecter à l’inconnu non pour le voir comme un vertige mais pour simplement, tel un enfant de quelque mois: dire à tous prix.



**ENGLISH VERSION**


It's all about mimicry and masquerade.


I was terrible at school and never managed to absorb knowledge through traditional learning methods. I always got zero in my dictations and dreaded any kind of oral exam, to the point that I developed a kind of detachment from my mediocrity. I decided not to learn so that I wouldn't suffer from not being able to do so.


So when I went abroad for the first time, the shock was complete.


No words, no codes, no reference points; only bodies and sounds.


When communication is necessary, the body finds its way. My ears, accustomed to musical training, began to reproduce intonations and words. Like the babbling of a newborn, I allowed myself to speak before learning, as children do. No matter how many furrowed brows I saw in front of me, the more I relied on my confidence and determination to communicate, the more I progressed without realizing it.


I decided to communicate before society, the social group, gave me permission to speak.

And ultimately, that is what seems essential to me: the intention to communicate, to connect. We spend a lot of time talking about talking. We would like to play the piano, but we don't touch it; we would like to speak that language, but we stop at the first word.


Today, giving perrmission and consent is a huge topic, and I think that within this conversation we need to recognize the virtue of stammering. That moment of trying that we find in improvisation. I don't know what I'm going to say, but you're going to watch me try, and that's what improvisation is ultimately: a staging of an attempt.


Speaking another language has taught me to reconnect with the unknown, not to see it as something frightening, but simply, like a child of a few months, to speak at all costs.


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